Paralysis

Paralysis est un roman Fantasy situé en Corée du Sud. Il se déroule dans deux mondes à la fois – le monde réel, dans lequel le protagoniste, Yume, est en état de choc, et un monde rêvé dans lequel il est en pleine possession de ses facultés. Cet extrait se déroule dans le monde rêvé.

PARALYSIS

Page du livre

2 (Small)Yume réussit à tirer Jae-Hwa sur l’escalier au prix d’un effort qui lui coupa le souffle et le fit pleurer de douleur. Tremblant de peur, Jae-Hwa se serra immédiatement contre lui.
— Comment… comment savait-il que tu allais te servir de tes mains… Yume… balbutia-t-il en levant les yeux vers lui. Merci.
Yume sourit faiblement ; il avait lui aussi été terrifié, terrifié de perdre celui qui l’avait protégé lors de l’accident, qui l’avait trouvé dans la ruelle… Celui dont il était amoureux sans pouvoir le lui chuchoter à l’oreille.
Ils reprirent leur descente quand le choc fut passé et ce ne fut pas long avant qu’ils n’atteignent la fin de l’escalier. Il y avait des feuilles mortes par terre, qui craquaient à chacun de leurs pas. Jae-Hwa tourna la tête vers l’escalier, qui semblait avoir disparu. Il réussit à ne pas écarquiller les yeux ; ce monde était étrange et il devrait s’y faire.
— Viens, on peut s’asseoir, murmura-t-il en prenant le poignet de Yume, l’entraînant près d’un cercle d’arbres.
Ils prirent place dans les feuilles et dès que Jae-Hwa fut appuyé à un arbre, Yume vint se blottir contre lui.
— Hey, tu es un aimant, tu sais ça ? fit le Coréen en riant. Tu as froid?
Il hocha vigoureusement la tête et son regard se perdit dans le sien, puis il laissa traîner ses doigts bandés sur ses joues et le long de sa mâchoire. Il avait envie de lui dire combien il le trouvait beau et il maudit son mutisme. Malgré son silence, Jae-Hwa comprit tout ce qu’il aurait voulu prononcer et pour la première fois, il se laissa aller à son toucher et déposa un premier baiser sur ses lèvres.
Tout à coup, ils furent interrompus par un rire hystérique qui semblait résonner autant dans leurs corps que partout autour d’eux, avec un écho irréel.
— Vous êtes mignons ! fit une voix d’homme assez aiguë, impossible à localiser.
Jae-Hwa s’était levé et Yume était resté assis contre l’arbre, son corps couvert de chair de poule. Il reçut quelque chose de petit et dur sur la tête et le prit doucement, perplexe lorsqu’il vit de quoi il s’agissait. Un monocle ?
Jae-Hwa voulut regarder de plus près mais il se retrouva soudain nez à nez avec un visage à l’envers. Il poussa un hurlement et tomba à la renverse.
— HA ! Vous avez amorti la chute de mon bébé ! fit l’inconnu avec un sourire anormalement large.
Yume n’aurait pas pu écarquiller les yeux plus qu’en ce moment. Devant eux, suspendu à une branche par les pieds, se trouvait un homme qui se mit à rire devant leurs expressions. En une fraction de seconde il était au sol, debout d’une façon normale. Il se pencha et récupéra le monocle des mains de Yume.
— Il semble que j’ai raté mon entrée, dit-il d’un ton faussement dramatique en se passant une main dans les cheveux, qu’il avait coupés d’une façon inhabituelle ; au carré, avec une large mèche tombant jusqu’à sa taille du côté droit.
Le bout de chaque cheveu semblait avoir été trempé dans du sang. Il était vêtu d’une élégante combinaison noire aux manches évasées et portait un foulard autour de ses épaules. Ses bottes montaient jusqu’à ses genoux et comportaient des talons aiguilles particulièrement hauts.
Déjà grand à la base, il mesurait près de deux mètres avec cela sous ses pieds. Son visage fit frissonner Yume : de sa tempe gauche à sa mâchoire, la peau semblait avoir été brûlée à l’acide. L’œil derrière le monocle n’avait ni iris, ni pupille : il était entièrement rouge et vaguement luisant. Son autre œil paraissait normal, avec un iris simplement brun. Ses lèvres étaient fines et son sourire le faisait paraître fou.
Ce qu’il est, très probablement, pensa Jae-Hwa lorsqu’il se fut remis de la soudaineté de l’apparition.
— Votre… bébé ? dit-il en se relevant.
— Tu me sembles bien abruti, répondit l’homme, un doigt sur le menton, comme s’il réfléchissait intensément. Il posa ensuite son index sur son monocle qui avait une toute petite clé de sol accrochée à la chaîne. Je parlais de lui, évidemment ! Sans lui je ne vois pas bien !
Yume se gratta la tête là où le monocle était tombé et se leva à son tour, péniblement. Il resta appuyé à l’arbre et croisa les bras. Jae-Hwa voulut connaître l’identité de cet homme qui partit d’un grand rire hystérique avant de tourner sur lui-même et d’écarter les bras.
— Je suis votre guide ! Je suis Echo… oh, Jae-Hwa, tu aimes mon écriture ? dit-il en battant des cils.
— Alors c’est par ta faute que je suis tombé ! Tu sais combien Yume a eu mal en me sauvant ?
— Moi ? Tu as glissé.
Jae-Hwa se renfrogna. C’était vrai… il n’y avait rien dont on pouvait accuser Echo, du moins pour le moment. Mais il se jura de garder un œil sur lui. Yume sortit son bloc de feuille de la trousse à pharmacie abîmée qu’il transportait encore et écrivit,
Si tu peux nous faire sortir d’ici, fais-le vite.
Théâtralement, Echo secoua la tête en fermant les yeux.
— Je suis au regret de vous annoncer que cela m’est impossible. Vous devez vous prêter à mon jeu et à la fin, vous verrez l’issue. Sur ce, mes amis, je vous laisse.
Et il s’accrocha à la branche au-dessus de lui et monta à toute vitesse dans l’arbre jusqu’à disparaître, son rire résonnant encore dans la brume.

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